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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 16:55
  • Mas essa vez no é para tomar vinho, so agua e antibioticos.
  • Fico quieto, recuperando a saude, me acostumando com minha nova sordez. O mundo e diferente, mas o passado do castelo fica igual e isso me tranquiliza. Vo esquecer das miiases que comeirom minha orelha....Aqui no existe a mosca varejeira
  • Guy Capdeville Dans ce village fortifié du XIII° siècle, restauré au XVI° par le châtelain, seigneur de Cassagnet, après 800 ans d'existence prospère et paisible, La Peste, comme l'a décrit Albert Camus, est entrée dans les murs en 1963 et tous les habitants sont partis ailleurs pour chercher une vie meilleure, moderne, avec l'électricité et l'eau courante; toutes les maisons étaient à l'abandon sauf trois qui résistaient à l'exode, Candelon, Marie Besignan, Escalier et Me Cazenave avec ses six enfants en bas âge. Aprés Sourbés est arrivé, et en 1965 des jeunes ont débarqué pour profiter d'un hébergement gratuit dans une maison derrière l'église que l'un d'eux avait acheté pour 100 000 francs. Les gendarmes venaient souvent voir ce qui se passait dans le village, alertés par les paysans alentours qui s'inquiétaient de ce regain d'activité bizarre dans le village abandonné; et bientôt des jeunes musiciens, des peintres, des sculpteurs, des céramistes se sont installés dans les murs créant une ambiance plutôt artistique voire hippie, comme c'était la mode dans les années 70. Certains ont fait des rêves pour s'enrichir en revendant des maisons restaurées, d'autres ont voulu créer des gites ruraux mais personne ne s'est inquiété du délabrement du château dont une partie appartient à la commune et l'autre est restée privée. En 1980, le dernier propriétaire du château, M Dalagnoll a voulu le donner à la mairie qui l'a refusé car il y avait trop de frais de démolition a effectué en urgence; même M Broca, revenu au village natal ne l'a pas voulu. Je l'ai acheté pour une bouchée de pain et je l'ai restauré envers et contre tous, faisant maintenant beaucoup de jaloux. Peu importe la loi des ploucs, tous les 400 ans le château est remis en état,et l'histoire de St Orens restera gravée pour toujours dans la pierre avec le nom des propriétaires qui l'ont habité et sauvé du mépris des pauvres alentours

  • Guy Capdeville

De novo em Armagnac
De novo em Armagnac

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 15:58

TÉMOIGNAGE

La photo d'une agression dans le métro racontée

19/08/2011 à 20h25 - mis à jour le 02/09/2011 à 12h11 | vues | réactions

11 mai 1974, vers 17 h 30 à la station Auber dans le métro parisien.

Le directeur de l'agence avait besoin de reportage photo sur l'insécurité dans le réseau de la RATP. Les raisons étaient diverses et non exposées, sinon l'approche de nouvelles élections, mais pour nous, les photographes, cela allait payer. Plusieurs rédactions avaient demandé de la matière sur le sujet et il fallait passer à l'action.

J'ai pris mon Nikon et deux rouleaux de Tri X pour aller à la chasse aux pickpockets dans les couloirs souterrains des transports parisiens. Après six heures d'errance sur les quais et dans les wagons, j'ai entendu des cris et un tumulte à l'ouverture des portes à la station Champs Elysées. Je me suis approché, l'appareil au poing. Des personnes vociféraient. Au milieu du groupe, une Asiatique exhibait son sac à main ouvert et criait qu'on venait de lui voler son portefeuille. Ses amis, dont un parlait un peu le français, demandaient qu'on appelle la police..


Tout près, j'ai tiré plusieurs photos de la victime en gros plan avec son sac Vuitton à la main. Et puis la rame est repartie et j'ai fait d'autres clichés du groupe en leur expliquant qu'ils devaient porter plainte. J'avais mon agression dans la boîte, et je suis allé au labo. Les négatifs n'étaient pas terribles, mais on voyait des visages qui exprimaient en noir et blanc le choc et l'indignation d'une telle situation. Je n'étais pas entièrement satisfait du résultat photographique de cet événement ; ce devait être plus dramatique...

Après une courte nuit, je suis revenu dans le métro. J'y ai passé toute la matinée et une partie de l'après midi jusqu'à repérer un gars en blouson de cuir qui regardait beaucoup les sacs à main des femmes et les portes-documents des hommes. Quand il est descendu du wagon, je l'ai suivi. Il se dirigeait vers la sortie. Et soudain, il a bousculé une personne qui venait vers lui et lui a arraché sa sacoche. Il était à quelques mètres de moi, et avec mon appareil, j'ai pu déclencher de suite. Là, je savais que j'avais une plaque, dans notre jargon, et la "planche contact" a révélé que j'avais trois bon clichés.

Le lendemain matin, tôt, les "vendeurs" sont partis faire la tournée des rédactions parisiennes avec plusieurs clichés de mon agression. Ils ont placé plusieurs fois le reportage sans donner l'exclusivité à personne. Il a été publié dans divers quotidiens et magazines, acheté aussi par TF1 et fait la couverture du Nouvel Observateur.

C'était le 11 Mai 1974, il y a quelques temps...

Et on peut refaire la même chose maintenant. Il suffit juste de savoir qui va payer pour cela : c'est-à-dire mettre l'insécurité sur le devant de l'actualité...

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 12:46
Homme libre toujours tu chériras la mer

Homme libre toujours tu chériras la mer

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 22:08
photo guy capdeville Cacha Pregos

photo guy capdeville Cacha Pregos

Ce matin je n'ai pas pu reprendre contact avec la mer, deux heures de nage, jusqu'au banc de sable,c'est du passé. Et se lever aux premières lueurs avant six heures du matin pour enfiler un short et chausser des tongs. Marcher le long de la plage jusqu'à la boulangerie du village boire un café et croquer un petit pain chaud avec jus d'orange pressée ou tranche d'ananas, mangue ou goyave. Écouter ou parler aux autre clients, de sept à soixante dix sept ans, et revenir par le même bord de mer, pour savoir si la marée monte ou descend, jusqu'à la "casa" où les nouvelles du jour m'attendent sur Internet Wifi., c'est fini.

Avant neuf heures, s'habiller d'un maillot de bain, teeshirt et lunette de natation pour aller nager jusqu'au banc de sable, toujours vierge de présence humaine, et selon le sens du courant partir au large. Vers les onze heures, revenir sur le sable du bord du village pour voir si les pêcheurs à la pirogue ont du poisson frais; Acheter sur le champ, en liquide ou à crédit,les vertébrés aquatiques à la pièce pour quelques réales et revenir au domicile pour cuisiner le repas du jour.

Petite vaisselle et rapide ouverture de l'ordi avant la sieste car il est impossible de bouger tant la chaleur est forte. Tout effort provoque des sueurs abondantes; mieux vaut s'allonger, rester immobile, rêver, bercer par le bruissement des palmes de cocotier. Le vacarme des chants d'oiseaux, surtout des perroquets, avec le déclin du soleil informe que l'heure est venue de repartir vers la plage pour nager au large du " Leo do Mar" jusqu'au couchant et profiter des milles couleurs visibles entre le ciel et l'eau.

Un peu sonné par l'effort soutenu de ces promenades aquatiques, une bonne douche d'eau douce et tiède prépare à l'ultime marche jusqu'au village pour acheter quelques provisions avant la tombée de la nuit. Puis s'endormir, nu, sous la moustiquaire, caressé par la brise nocturne qui entre par porte et fenêtre grande ouverte;

Maintenant je reste couché, interdit de baignade durant trois mois, pour garder l'espoir de récupérer l'audition. Ces asticots dans mon oreille m'ont détruit le tympan; durant six jours et six nuits ils n'ont pas arrêtés une seconde de me grignoter vivant....

Je suis convalescent, demain ça ira mieux

Mais c'est toujours sur Itaparica

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Guy Capdeville - dans misére
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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 19:53
Le retour en France approche et je vais en rester là pour mes tomates. Inutile de batailler même s'il ne reste qu'une heure de travail por mettre la serre sur pied; je n'ai plus la force de continuer et les asticots qui ont pris possession de mon oreille gauche durant six jours et six nuits m'ont épuisé. Je suis sourd, désorienté et je dois me faire soigner en France le plus tôt possible en France si la chirurgienne de l'Hopital Portuguais de Salvador de Bahia qui m'a enlévé plus de soixante asticots du conduit auditif il ya exactement quinze jours m'autorise à prendre l'avion comme prévu le 15 Avril. On continuera Jardhidro ici à Cacha Pregos dés mon retour l'automne prochain avec une culture hors-sol cette fois comme prévu dans le projet initial

Le retour en France approche et je vais en rester là pour mes tomates. Inutile de batailler même s'il ne reste qu'une heure de travail por mettre la serre sur pied; je n'ai plus la force de continuer et les asticots qui ont pris possession de mon oreille gauche durant six jours et six nuits m'ont épuisé. Je suis sourd, désorienté et je dois me faire soigner en France le plus tôt possible en France si la chirurgienne de l'Hopital Portuguais de Salvador de Bahia qui m'a enlévé plus de soixante asticots du conduit auditif il ya exactement quinze jours m'autorise à prendre l'avion comme prévu le 15 Avril. On continuera Jardhidro ici à Cacha Pregos dés mon retour l'automne prochain avec une culture hors-sol cette fois comme prévu dans le projet initial

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 14:53
Vivre en enfer c'est s'enfoncé chaque seconde toujours un peu plus dans la douleur et la souffrance sans aucun répis. Mon voyage a duré six jours et six nuits avec des séances de torture intense au Pronto Secoro d'Itaberaba quand ils ont essayé de m'enlever les premiers asticots de mon oreille gauche

Vivre en enfer c'est s'enfoncé chaque seconde toujours un peu plus dans la douleur et la souffrance sans aucun répis. Mon voyage a duré six jours et six nuits avec des séances de torture intense au Pronto Secoro d'Itaberaba quand ils ont essayé de m'enlever les premiers asticots de mon oreille gauche

Parti de Lençois pour une marche sur un chemin de jungle jusqu'aux cascades de Ribeiron do meio, la journée avait bien commencé. Un sentiment de revenir plus de 40 ans en arriére quand notre quotidien était de marcher tous les jours un peu plus loin sur les pistes des territoires des indiens des Andes à l'Amazonie. Mais dans la nuit, malgré la fatigue je n'ai pas pu dormir: un bruit de fond dans mon oreille, genre grignotage effervescent, m'empéchait de fermer les yeux. C'était le 18 Mars. Ce vacarme accompagné d'écoulements sanguinolentants dans l'oreille ne s'est arrêté que le 25 mars quand je me suis réveillé dans la chambre de l'Hôpital Portugués à Salvador de Bahia aprés une opération de plus de 4heures au bloc

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Guy Capdeville - dans Brésil
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 00:06

Durante 6 dias e 6 noites sim parar um segundo mas de 50 larves comierom meu ouvido.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 00:49

Temps forts

De la graine 04/03/2015 à 17h28

Tomates sans eau ni pesticide : cette méthode fascine les biologistes

Thibaut Schepman | Journaliste

Les méthodes de Pascal Poot, loin de l’agriculture moderne, sont aussi hyperproductives que naturelles et peu coûteuses. Des scientifiques pensent y trouver des réponses au changement climatique.

Ici, le terrain est si caillouteux et le climat si aride que les chênes vieux de 50 ans sont plus petits que les hommes.

Pourtant, à l’entrée de la ferme de Pascal Poot, sur les hauteurs de Lodève (Hérault), trône une vieille pancarte en carton : « Conservatoire de la tomate ».

Les tomates poussent, sans eau et sans tuteur, dans la ferme de Pascal Poot en 2014 (DR)

Pourtant, chaque été, les tomates Poire jaune et autres Noires de Crimée poussent ici dans une abondance folle.

Sans arrosage malgré la sécheresse, sans tuteur, sans entretien et bien sûr sans pesticide ni engrais, ses milliers de plants produisent jusqu’à 25 kg de tomates chacun.

Son secret ? Il tient dans les graines, que Pascal Poot sème devant moi, avec des gestes qui mêlent patience et nonchalance.

C’est le début de la fin de l’hiver dans la région, le temps est venu pour lui de confier ses graines à la terre. Ce sont ses premiers semis de l’année.

L’homme a 52 ans mais semble sans âge. Ce fils d’agriculteurs, qui a quitté l’école à 7 ans, se dit « complétement autodidacte ». Il a élevé des brebis et cultivé des châtaignes avant de se spécialiser dans les semences. Il dissémine aujourd’hui ses graines sur du terreau, dans des jardinières fatiguées.

Puis il place ses jardinières sur un énorme tas de fumier en décomposition, dont la température atteindra bientôt 70 degrés pendant plusieurs jours, chauffant la serre et permettant la germination des graines.

Pascal Poot et sa couche chaude dans sa serre, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

La technique, appelée couche chaude, est très ancienne. C’est elle qui permettait aux maraîchers parisiens du XIXe siècle de récolter des melons en pleine ville dès la fin du printemps. C’est elle qui permet à Pascal Poot de faire germer chaque année des milliers de plants de tomates, aubergines, poivrons... Avant de les planter sur son terrain et de ne plus s’en occuper jusqu’à la récolte.

La serre de Pascal Poot, à la fin des semis, en 2014 (DR)

Tout en semant ces graines, Pascal me révèle les détails de sa méthode :

« La plupart des plantes qu’on appelle aujourd’hui “mauvaises herbes” étaient des plantes que l’on mangeait au Moyen-Age, comme l’amarante ou le chiendent... Je me suis toujours dit que si elles sont si résistantes aujourd’hui c’est justement parce que personne ne s’en est occupé depuis des générations et des générations.

Tout le monde essaye de cultiver les légumes en les protégeant le plus possible, moi au contraire j’essaye de les encourager à se défendre eux-mêmes. J’ai commencé à planter des tomates sur ce terrain plein de cailloux il y a une vingtaine d’années, à l’époque il n’y avait pas une goutte d’eau.

Tout le monde pense que si on fait ça toutes les plantes meurent mais ce n’est pas vrai. En fait, presque tous les plants survivent. Par contre on obtient de toutes petites tomates, ridicules. Il faut récolter les graines du fruit et les semer l’année suivante. Là on commence à voir de vraies tomates, on peut en avoir 1 ou 2 k par plant.

Et si on attend encore un an ou deux, alors là c’est formidable. Au début on m’a pris pour un fou mais au bout d’un moment, les voisins ont vu que j’avais plus de tomates qu’eux, et jamais de mildiou, en plus, alors les gens ont commencé à parler et des chercheurs sont venus me voir. »

Pascal Poot dans sa serre, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

Parmi ces chercheurs, on compte Bob Brac de la Perrière, biologiste et généticien des plantes et coordinateur de l’association environnementale Bede :

« A la fin des années 90, au moment du combat contre les OGM, on s’est dit qu’il fallait aussi travailler sur les alternatives, et on a commencé à faire l’inventaire des agriculteurs qui faisaient leurs propres semences. On a dû en trouver entre 100 et 150 en France.

Mais le cas de Pascal Poot était unique. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a une grande indépendance d’esprit, il suit ses propres règles et à ma connaissance personne ne fait comme lui. Il sélectionne ses semences dans un contexte de difficulté et de stress pour la plante, ce qui les rend extrêmement tolérantes, améliore leur qualité gustative et fait qu’elles sont plus concentrées en nutriment.

En plus de ça il cultive plusieurs centaines de variétés différentes, peu d’agriculteurs ont une connaissance aussi vaste de l’espèce qu’ils cultivent. »

Pascal Poot choisit une étiquette, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

Les chercheurs commencent seulement à comprendre les mécanismes biologiques qui expliquent le succès de la méthode de Pascal Poot, assure Véronique Chable, spécialiste du sujet à l’INRA-Sad de Rennes et qui a mené des recherche sur les sélections de Pascal Poot depuis 2004 :

« Son principe de base, c’est de mettre la plante dans les conditions dans lesquelles on a envie qu’elle pousse. On l’a oublié, mais ça a longtemps fait partie du bon sens paysan.

Aujourd’hui, on appelle cela l’hérédité des caractères acquis, en clair il y a une transmission du stress et des caractères positifs des plantes sur plusieurs générations.

Il faut comprendre que l’ADN est un support d’information très plastique, il n’y a pas que la mutation génétique qui entraîne les changements, il y a aussi l’adaptation, avec par exemple des gènes qui sont éteints mais qui peuvent se réveiller.

La plante fait ses graines après avoir vécu son cycle, donc elle conserve certains aspects acquis. Pascal Poot exploite ça extrêmement bien, ses plantes ne sont pas très différentes des autres au niveau génétique mais elles ont une capacité d’adaptation impressionnante ».

Pascal Poot dans sa serre, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

Cette capacité d’adaptation a une valeur commerciale. Pendant ma visite, plusieurs personnes ont appelé Pascal pour commander des semences. L’agriculteur vend ses graines à plusieurs semenciers bio, dont Germinance.

Kevin Sperandio, artisan semencier chez Germinance, nous explique :

Des aubergines blanches poussent dans la ferme de Pascal Poot (DR)

« Le fait que les semences de Pascal Poot soient adaptées à un terroir difficile fait qu’elles ont une capacité d’adaptation énorme, pour toutes les régions et les climats.

Nous n’avons pas les moyens de faire ce genre de tests mais je suis sûr que si on faisait un test entre une variété hybride, celle de Pascal Poot et une semence bio classique ce serait celles du conservatoire de la tomate qui obtiendraient les meilleurs résultats. »

Une partie de ces graines sont vendues dans l’illégalité, parce qu’elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et plants). Cela énerve beaucoup Pascal Poot, jusque là très calme :

« L’une de mes meilleures variétés, c’est la Gregori Altaï. Mais elle n’est pas inscrite au catalogue, peut-être parce qu’elle n’est pas assez régulière pour eux. Beaucoup de variétés sont comme ça. A l’automne dernier, le semencier Graines del Païs a eu un contrôle de la répression des fraudes qui a établi près de 90 infractions dans leur catalogue.

Le principe c’est qu’on ne nous autorise à vendre que les graines qui donnent des fruits qui sont tous pareils et qui donnent les mêmes résultats à chaque endroit. Pour moi, c’est le contraire du vivant, qui repose sur l’adaptation permanente. Cela revient à produire des clones mais on veut en plus que ces clones soient des zombies. »

La caisse d’étiquettes de Pascal Poot, le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

Interrogé au sujet de ces contrôles, un délégué du GNIS expliquait en mars 2014 :

« Notre objectif est d’apporter une protection à l’utilisateur et au consommateur. Le secteur français des semences est très performant, mais il a besoin d’une organisation qui a fait ses preuves et d’un système de certification. »

Les tomates de Pascal Poot, en 2014 (DR)

Sauf que l’uniformisation des fruits et des semences se fait souvent au détriment du goût et des qualités nutritives. Et pourrait, à l’avenir, nuire aux agriculteurs, estime Véronique Chable :

« Le travail de sélection des semences montre qu’on peut pousser le végétal vers des conditions impressionnantes. Mais l’agriculture moderne a perdu ça de vue, elle ne repose pas du tout sur la capacité d’adaptation.

Or dans un contexte de changement rapide du climat et de l’environnement c’est quelque chose dont le monde agricole va avoir besoin. Il va falloir préserver non seulement les semences mais aussi les savoir-faire des agriculteurs, les deux vont ensemble. »

Pour partager ce savoir-faire, j’ai demandé à Pascal de m’expliquer comment il sélectionne et récolte ses semences. Voici ses conseils :

Les graines de Pascal Poot, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

  • « Il faut prendre le fruit le plus tard possible, si possible juste avant les premières gelées comme ça il aura vécu non seulement à la sécheresse de l’été mais aussi aux pluies de l’automne. »
  • « Les tomates, c’est tout à fait spécial. Quand on ouvre une tomate, les graines sont dans une sorte de gélatine, comme un blanc d’œuf. Cette gélatine empêche les graines de germer à l’intérieur du fruit, qui est chaud et humide. Les graines ne germent pas avant que cette gélatine ait pourri et fermenté. »
  • « Il faut donc faire fermenter les graines. Pour ça il faut ouvrir la tomate, extraire les graines et les laisser plusieurs heures dans leur jus, par exemple dans un saladier. Il va se produire une fermentation lactique. »
  • « Il faut surveiller la fermentation comme le lait sur le feu, ça peut durer entre 6 et 24 heures mais contrairement à ce qu’on dit, il ne faut pas attendre qu’une pellicule de moisissure apparaisse. On prend une graine on la pose sur la main, si on peut la déplacer avec l’index sans que la gélatine ne vienne avec la graine, c’est que c’est bon. »
  • « Ensuite on passe le tout dans une passoire à thé, on lave à l’eau et on met à sécher. Là on arrive à un taux de germination entre 98% et 100%. »
  • « Le poivron c’est différent, il faut juste laver les graines, les faire sécher sur un tamis très fin et les stocker. Pour le piment c’est la même chose mais ça devient dangereux parce que les graines brûlent, c’est très fort, ça passe même à travers les gants. Une fois j’ai récolté les graines d’un cageot de piments d’Espelette sans gant, j’ai dû passer la nuit avec les mains dans l’eau glacée ! »

Pascal Poot dans sa serre, à Lodève le 26 février 2015 (Thibaut Schepman/Rue89)

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Sur le web : Le Foll entend réduire les pesticides de 50% d'ici 2025

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  • Tom.Joad
    Qu'en pense Golman Sachs ?

    des variétés potagères anciennes et parfaitement fixées, non inscrites au catalogue officiel, donc non commercialisables.

    des variétés F1 parfaitement commercialisées car inscrites, mais qui dégénèrent dès f2.

    le cercle vicieux du technocrate/actionnaire/breveteur qui nous mord jusqu’a la queue

    EDIT
    a mon humble avis, il n’y a pas que cela non plus. Sûr qu’il a du commencer avec un terrain « frugal », mais vu sa démarche cela m’étonnerait qu’après vingt ans de travail le terrain ne soit que le même champ de cailloux qu’aux débuts

    Son approche couplée à celle de Jean Pain, devrait donner des « miracles » ( miracles au sens FNSEA bien sûr )

    3

  • Elzévir.
    Jardinier urbain

    Merci pour cet article captivant.
    L’an dernier j’ai prélevé des graines de tomates cornues bio, j’ai enlevé le plus gros de la pulpe et juste fait sécher à plat. En février je les ai semées. 100% de réussite. Sa technique est intéressante, mais un peu plus longue. J’imagine que c’est plus facile de faire comme lui quand on a une grosse quantité de graines.

    13

  • sobriquet répond à General Motors
    Courageux anonyme

    Dans le règne végétal, l’hérédité des caractères acquis est un phénomène bien documenté. Citons Francis Hallé, Dans Éloge de la plante :

    « Dans la littérature génétique contemporaine, l’hérédité des caractères acquis a été familièrement rebaptisé HCA. On y montre qu’elle est parfaitement compatible avec les concepts actuels de la génétique moléculaire et que HCA et hérédité mendélienne coexistent confortablement dans l’univers de la biologie moléculaire ». (source) »

    1

  • Panama_one

    Le meilleur article de la semaine pour le moment.

    Sinon, les resultats de l’etude sont consultables ici

    En plus on y trouve d’autres conseils pour faire ses propres semences.

    24

  • Eskarina répond à Elzévir.
    Faut voir

    100% de réussite, donc rien à ajouter. On peut néanmoins trouver avantage à faire moisir les graines quelques jours dans l’eau avant de les laisser sécher, cela facilite la germination.
    Autre technique de semis : prendre des tomates bien mûres, les mettre dans un seau en plastique fermé, contenant du terreau humide. Les oublier pendant quelques mois... ça germe tout seul ! La difficulté, c’est d’avoir les contenants et les couvercles kivonbien.
    J’aimerais bien essayer la méthode de Pascal Poot, mais je n’ai pas de fumier pour faire des couches chaudes (je sais où en trouver, mais je ne peux pas le faire livrer, donc c’est embêtant).

    6

  • Elzévir. répond à Eskarina
    Jardinier urbain

    Je fais tremper certaines graines 24h avant de les planter.

    1

  • Enki répond à pemmore
    alchimiste

    Hep M’sieur ! Hep M’sieur !

    « En Vendée à 200 m de la mer », il y a un truc terrible que vous pouvez faire et pas moi.

    Connaissez-vous, parmi les légumes anciens/oubliés/en voie de disparition, le Crambe maritime ?

    4

  • Enki
    alchimiste

    Le credo productiviste postule que la plante doit être placée dans des conditions idéales lui épargnant toute souffrance, et épargnant tout aléa au producteur. De fait, ce postulat se satisfait de l’uniformité génétique des semences pour lesquelles on créera des conditions de culture standard.

    In fine, on peut faire la même tomate hydroponique partout.

    C’est oublier que les plantes sont des êtres vivants, et que comme tels, leur fructification est une lutte pour leur reproduction, leur adaptation au milieu et la perpétuation de l’espèce.

    Ainsi un arbre fruitier qui pousserait dans des conditions idéales et sans aucun stress n’a besoin que de se développer lui-même : il fait du bois.

    Il fait du fruit pour répondre au stress, au péril de son existence, pour la survie de l’espèce, c’est l’eros/thanatos végétal.

    Ce qui donne une personnalité à un terroir viticole, par exemple, c’est la façon particulière dont la vigne souffre dans ses conditions de culture, de sol et de sous-sol.

    5

  • pemmore répond à Enki
    geek

    Bonjor m Enki,
    Je connais très très bien cette plante qui était banale il y a une dizaine d’années sur la corniche.
    Je ne savais pas que ça se mangeait, en fleurs c’est magnifique.
    Depuis la commune a tenté de faire un pseudo aménagement avec des plantes exogènes qui ont pour la plupart crevé depuis, mais surtout apporté du sable non dunaire qui a détruit une partie du biotope, elles sont devenues très rares tout comme la pousse des morilles à Pâques.
    Je pense que sur Brétignoles ou la commune a respecté sa côte comme en Bretagne, le tourisme de masse étant survenu bien plus tard on devrait en trouver.
    Et je ramasserais les tiges pour manger en bred avec du piment(terme réunionnais, en Angevin on dit piochons, occitan tannous), une poignée suffit.
    Pas de risques la plante vit 10 ans.

    1

  • Enki répond à pemmore
    alchimiste

    Plutôt que de prélever les survivantes, si vous avez un coin de potager, ce serait assez génial d’en avoir quelques pieds, et de faire des graines pour les semer au gré de vos ballades, et les distribuer aux amateurs.

    Louis XIV en raffolait, vous seriez le roi.

    J’ai pas à vous dire ce que vous avez à faire, mais si ça vous tentait, je m’engage à planter ici, en votre honneur, un arbre qui ne pousse pas chez vous pour payer le coût carbone de notre échange, et de quelques autres, M’sieur Pemmore.

    0

  • pemmore répond à Enki
    geek

    Non on ne détruit surtout pas la plante, c’est comme toutes les variétés de choux, on prélève une partie des tiges florales seulement qu’on mange comme les asperges.
    Essayez le colza, le chou fourrager, c’est super.
    C’est sur, je tenterais de semer les graines dans les zônes ou il n’y en a plus, c’est pas la première fois que j’essaye d’aider la nature.
    Mais il y a aussi plein de plantes extraordinaires, les oeillets maritimes à l’odeur incroyable, les rosiers nains, pas plus de 5 cm de haut, le cerfeuil, les petites fleurs tapissantes roses dont je ne connais pas le nom, certaines succulentes qui ne poussent pas ailleurs, des salicornes non comestibles, onagres cerfeuil pourpier salade, et même cresson.
    C’est un plaisir à voir au printemps.
    Quand j’étais petit ça s’étalait sur 200m, c’était sous Louis XIV des prés salés, depuis la civilisation de loisirs de masse n’en a laissé que 0 à 40m voire moins que zéro, la commune n’ayant pas réalisé qu’il fallait détruire ce que la mer voulait prendre.

    2

  • LaJulie
    chom-socialo-journalisti- (...)

    Germinance ! J’adore. Depuis trois ans j’expérimente en semis et jardinage mais tout marche avec vous. Votre catalogue est tout bonnement addictif et je voudrais tout voir pousser. J’ai même acheté des semences de melon alors que j’habite Dunkerque mais m’en fous, j’y arriverai !

    Et j’ai justement acheté des Grégory Altaï cette année. Super Surprise de voir qu’elles viennent d’un passionné ! Là elles sont sur le rebord de ma fenêtre et poussent tranquillement ! Hâte de les voir s’épanouir en pleine terre !

    Continuez votre combat pour de bons légumes. Je vous suis !

    1

  • vinzo répond à pemmore
    Les z'ostres

    Il me semble que Crambe maritima est naturellement absent de Vendée. Son aire de répartition est plus nordique et s’arrête au sud à la Loire Atalntique.
    Vous ne confondez pas plutôt avec Les blettes maritimes (Betta vulgaris ssp. maritima) ? les feuilles de cette plante sont effectivement très bonnes en omelettes ou accommodées comme des épinards.

    0

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L'écologie nous passionne autant qu'elle nous questionne. On a besoin de la faire entrer dans nos vies, de la mettre à notre niveau, pour mieux s'y retrouver dans le maelström médiatique. Le topic Planète de Rue89 est un espace de participation...

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http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/09/tomates-sans-eau-ni-pesticide-cette-methode-fascine-les-biologistes-257958

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 21:26
La bataille a duré plusieurs jours depuis que les rouleaux de fil de fer pour fermer le toit de la serre sont enfin arrivés Dimanche dernier 1 Mars.Il était donc possible de monter la stucture sur ses pieds; les plants de tomates avaient poussé et les transplanter devenait urgent.

La bataille a duré plusieurs jours depuis que les rouleaux de fil de fer pour fermer le toit de la serre sont enfin arrivés Dimanche dernier 1 Mars.Il était donc possible de monter la stucture sur ses pieds; les plants de tomates avaient poussé et les transplanter devenait urgent.

Mais le papayer devait être coupé; la propriétaire du terrain ne comprenait pas trés bien pourquoi je ne pouvais pas faire autrement. J'étais dans une impasse pour continuer le projet de plantation des tomates avec le systéme Jardhidro

Mais le papayer devait être coupé; la propriétaire du terrain ne comprenait pas trés bien pourquoi je ne pouvais pas faire autrement. J'étais dans une impasse pour continuer le projet de plantation des tomates avec le systéme Jardhidro

J'allais tout lâcher; pas possible de monter la cuve de 500 litres à deux metres de haut, pas moyen d'avoir le substrat et les poches de cultures.

J'allais tout lâcher; pas possible de monter la cuve de 500 litres à deux metres de haut, pas moyen d'avoir le substrat et les poches de cultures.

Alors pour ne pas tout perdre, j'ai changé de cap: de l'hors-sol je suis passé dans le sol. Et le papayer est toujours vivant....

Alors pour ne pas tout perdre, j'ai changé de cap: de l'hors-sol je suis passé dans le sol. Et le papayer est toujours vivant....

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 11:55

Cela vient de sortir aujourd'hui http://www.ladepeche.fr/article/2015/02/08/2045584-la-vie-de-globe-trotter-de-guy-capdeville.html

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