Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:34

P1000678small.jpgLE PHOTO JOURNALISME EN CRISE photos guy capdeville- interdit de voir sans autorisation-
(suite page 2)
De l'argentique au numérique 
Choisi ton camp, camarade, disait Coluche. Encore faut-il avoir en perspective les deux camps. Pour nous, pas de doute; que ce soit au Vietnam, au Biafra, a Belfast, dans les réunions mondaines ou sur des champs de ruines, la pellicule TriX 400asa 36 poses est une cartouchière fiable dont chaque coup peut faire mouche, dans l'ombre ou la lumière,selon les choix et l'habilitée du tireur. Une fois dans la boite, le film rembobiné a la main, gardera pour toujours en mémoire le cour instant où il fut exposé pour graver un moment ou un événement exceptionnel. Cela pourra faire couler beaucoup d'encre ou éveiller des consciences.
Combien de ces bobines ont franchi les frontières, cachées au fond des bottes, dans les poches d'un passager anonyme, pour être développées dans les labos des agences de presse et apparaitre le lendemain à la une des quotidiens et des magazines. Jour après jour,années après années , on a toujours utilisé les mêmes méthodes.
J'ai quitté la presse après 10 ans de course folle,mais le besoin de photographier ne m'a jamais lâché. Le sentiment d'être au chômage ne m'a pas atteint,même si mes commissions sur les publications étaient en baisse.La page est tournée.L'agence Sygma est devenue Corbis, et Bill Gates le propriétaire de tous ces négatifs Trix 400asa
L'arrivée des nouvelles techniques me laissaient indifférent. Je préférais douter de leur fiabilité pour mieux me désintéresser du sujet, notamment sur la rapidité de la mise au point. Trop de paramètres étaient pris en compte par ces engins pour faire des photos comme je voulais,comme je savais. Et puis un jour, prêté par un ami,j'ai essayé.
Quelques mois plus tard, j'étais à Paris,avec mon Lumix tout neuf et je faisais mes premiers essais,dans la rue,á la recherche de sensations que j'avais connu 35 ans auparavant, en maraude dans la capitale, à l'affût d'un sujet à traiter.
J'avais vite compris qu'il était possible avec cet appareil plus proche d'un ordinateur que d'une boite noire, de faire des centaines de photos sans acheter la pellicule et voir le résultat de suite.
C'était boulevard Blanqui le 14 Octobre 2007.Je rentre sur le marché et je tire un portrait de cet individu accompagné d'un policier

 d

Il est 11heure 32


 

À 11heure 34,ils sont devant le fromager. Ça discute ferme,je ne comprends pas ce qui est dit
Mais le geste du marchand est significatif. "Allez dégage"
 
 
Il essaye toujours de justifier son innocence


Je continue ma promenade et en ressortant du marché j'entends une voie de femme crier "Il m'a mis la main entre les cuisses salaud salaud" et elle me prend a témoin
 

Il est 12h 42 ,c'est le même type.


Le dimanche suivant, je suis revenu voir le fromager qui se souvenait de l'anecdote. Il m'a dit : "il m'a pris une bouteille de vin a 5€ et il fallait que j'aille au commissariat pour porter plainte, mais je ne voulais pas perdre plus de temps et d'argent avec ce type".
Voilá, avec mon numérique je pouvais faire des flagrants délits qui resteront impunis. Mais dans ma galerie personnelle des salauds, il gardera la première place numérisée a la seconde prés.

 

Partager cet article

Repost 0
Guy Capdeville - dans presse
commenter cet article

commentaires

valy 29/09/2012 11:50

Joli passage de l argentique au num... J ai eu aussi, à mon échelle, un peu peur de passer de l un à l autre... Mais bon... Merci encore pour tes anecdotes !!
Bel encart de Cartier Bresson !! :-)
A un de ces jours .

Présentation

  • : photojournalisme
  • photojournalisme
  • : photographe de presse fut mon premier métier
  • Contact

Recherche

Pages