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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 21:27

A l'époque des premiers post sur LE POST Publié par
Guyc
ap

post non vérifié par la rédaction

CRÉER DES MILLIERS D'EMPLOI: LE SAVOIR-FAIRE BRÉSILIEN

05/03/2011 à 15h06 - mis à jour le 05/03/2011 à 15h19 | vues | réactions


Depuis quelques jours des centaines de travailleurs casqués et munis de clefs à molette s’activent le long des avenues de la capitale de l’état de Bahia ; sur plusieurs kilomètres, ils montent des échafaudages qu’ils déferont dans deux semaines.

Comme d’autres peuvent faire en quelques jours à l’époque de Noel le chiffre d’affaire de toute une année, le carnaval de Salvador est devenu un énorme business qui attire toujours plus de participants : ils se comptabilisent maintenant en millions et durant une semaine, la ville se transforme en un gigantesque parc d’attraction. La mutation est totale, et plus rien ne fonctionne comme à l’accoutumé, à tel point que même les propriétaires d’appartement quittent leur domicile pour pouvoir le louer pendant dix jours car le montant de ce loyer temporaire couvrira largement les charges de toute une année.

La grande invention de cette folie carnavalesque est attribuée à Osmar et Dodo, deux bahianais qui ont eu l’idée de mettre un orchestre sur la plateforme d’un camion pour le faire circuler dans les rues. Au fil des années, cet ensemble roulant est devenu un « trio electrico », genre de structure à étage avec son groupe électrogène, loge et toilettes pour les musiciens au rez de chaussée, et sur le dessus une grande terrasse où les guitaristes, batteurs, chanteurs peuvent jouer à plein volume leur partition amplifiée par les milliers de Watt des énormes hauts parleurs. Chaque artiste a son propre Trio et les plus célèbres reviennent chaque année attirer les foules.

Deux types de participants créaient l’ambiance tout au long du parcours :les « gratuits » et les payants. Une simple corde les sépare dans ce vacarme ambulant : une frontière bien marquée et mobile entre, disons les riches et les pauvres. L’astuce vient de « labada » : une sorte de pyjama coloré, l’uniforme en quelque sorte des adeptes de tel ou tel trio qui se reconnaissent immédiatement entre eux. Ils ont acheté à l’avance, souvent assez cher, leur tenue pour appartenir à un groupe et faire partie d’un « bloco ».

Parfois plus de dix mille pour les plus fameux comme les « filhos de Gandhi », ils suivent à l’intérieur des cordes, en chantant et en dansant tout au long du parcours à l’unisson de leur idole selon une chorégraphie bien rythmée. Les spectateurs , massés le long des avenues, participent au spectacle mais il leur est interdit de marcher à l’intérieur des cordes pour suivre la musique. Ils attendront debout, en bougeant quand même, l’arrivée du prochain Trio, normalement distant de cinq cents mètres.

Le spectacle est permanent et dure plusieurs jours. Jusqu’à la fin des années 80, les fenêtres des immeubles avec vue sur le défilé étaient louées longtemps à l’avance et il n’y en avait pas assez pour tout le monde. Des estrades étaient montées dans le parc municipal de Campo Grande et les trios tournaient en boucle dans la vielle ville, au milieu d’une foule compacte et endiablée. Le vacarme était assourdissant et les musiques, parfois une centaine de tambours, résonnaient sur les façades des édifices et se confondaient avec des sons de guitares électriques donnant une cacophonie impossible à identifier pour suivre la cadence.

Des échauffourées éclataient dans la foule, vite calmées par les matraques de la police militaire casquée et en file indienne qui tapait dans le tas. Après une courte panique, le rythme reprenait le dessus et l’envie de danser ensemble remettait de l’ordre dans cette cohue.

Aujourd’hui avec la supervision des chaînes nationales de télévision qui suivent le carnaval de Salvador en direct pour tout le Brésil, l’ambiance est mieux contrôlée. Le parcours s’est allongé vers les grands hôtels du bord de mer, et l’installation de « camarote », des loges solides décorées et bien aménagées sur des structures métalliques se louent quelques milliers de dollars à des hôtes payants qui ne veulent rien perdre du spectacle, de jour comme de nuit, et n’ont pas besoin de « abadas » pour faire la fête avec des amis en folie…

photo guy capdeville    Salvador de Bahia, le carnaval est terminé

photo guy capdeville Salvador de Bahia, le carnaval est terminé

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